La rencontre

Les fiches :

La rencontre, l’expérience de la relation

POUR CULTIVER : Ouverture/Mouvement

La relation est au cœur de nos vies. C’est bien la façon dont nous sommes en relation avec nous-mêmes, avec l’autre et avec la vie qui fonde notre quotidien, qui autorise notre authenticité, notre liberté et notre bonheur. Notre goût pour la rencontre, d’une part avec notre multiplicité intérieure et notre profondeur, d’autre part avec l’autre dehors et le monde, approfondit ces relations, les rend plus fluides, plus intimes peut-être, plus conscientes dans tous les cas.

Notre chemin humain est sans aucun doute un chemin de connexion : avec nous-mêmes, avec l’autre, mais aussi avec la nature, le vivant et le mystère. Car, sur un autre plan, la relation est considérée par de nombreux enseignants ou traditions comme étant le Divin lui-même : ce qui relie tout avec tout. (Religion signifie étymologiquement ce qui relie)

Un groupe est en soi une expérience relationnelle.

Dans tous les groupes, la qualité de relation entre l’animateur et les participants va déterminer en grande partie la qualité du travail. L’animateur doit ainsi prendre soin de ses rencontres avec chacun, rencontres-éclair ou plus engagées. Ce soin pris par l’animateur va d’un autre côté donner un repère pour les participants qui s’alignent la plupart du temps volontiers sur ce modèle qui manque tant dans notre monde pressé. Enfin la qualité des relations qui peut aussi s’installer entre les participants va considérablement favoriser l’avancement de ce groupe.

Dans l’animation d’un groupe, les propositions de rencontre avec soi ou avec l’autre représentent souvent l’essentiel du travail. Pour un groupe de travail corporel : rencontres avec soi-même, son corps, ses sensations, rencontres avec l’autre si des exercices corporels se font à deux ou en groupe. Pour un groupe de travail thérapeutique : rencontres avec soi aussi, profondément, et avec l’autre qui nous tend un miroir souvent précieux et sans concession de qui nous sommes. Tous les apprentissages concernent aussi la relation à soi : la connaissance de soi et l’acceptation de ses qualités et difficultés facilitent grandement l’ouverture à de l’inconnu, du neuf.

L’animateur apprend donc à proposer des moments de contact, de rencontre qui vont constituer des expériences enseignantes quelle que soit la finalité du groupe.

L’animateur offre également un repère dans la relation qu’il a avec lui-même et dans ce qu’il en donne à voir, s’il s’autorise à hésiter et à le reconnaitre naturellement, s’il peut montrer ou dire ses erreurs parfois. Par contagion cette douceur qu’il s’accorde permet aux participants de se détendre et d’apprendre ou d’explorer ainsi davantage.

La rencontre de soi-même approfondit la conscience.

Nous avons à aller à la rencontre de nous-mêmes, pour nous connaitre d’abord, pour éclairer qui nous sommes, comment nous fonctionnons et pour apprendre à vivre avec cet inconnu que nous sommes pour nous-mêmes que ce soit corporellement, psychiquement ou mentalement. La seule personne qui nous est imposée/proposée à vie c’est bien nous-mêmes. Tout ce que nous, animateurs, pouvons apporter à la rencontre d’une personne avec elle-même va enrichir considérablement son chemin. La connaissance de soi devient une conscience de soi. Et plus nous sommes conscients, plus nous allons vers une forme de liberté et vers une simplicité qui permet de se tourner vers le monde et les autres avec humilité. Plus nous sommes capables de revenir à nous-mêmes, plus nous offrons au monde, à l’univers, du contact, de l’intimité, de la subtilité, de la douceur.

La rencontre de l’autre enseigne l’ouverture.

En réalité la rencontre de soi et de l’autre se font en même temps dans notre mouvement physico/psycho/spirituel.

Dans un groupe nous proposons des exercices de rencontres avec l’autre, les autres pour plusieurs raisons. Il s’agit d’abord de constituer le groupe, c’est-à-dire de faire de tous ces individus séparés un ensemble. Il peut aussi s’agir de l’apprentissage de la communication et de la relation. Dans cet apprentissage, nous avons tous à apprendre combien un autre humain peut nous offrir un miroir, attendu ou repoussé, agréable ou difficile. Dans tous les groupes, comme dans toute la vie, il y a un grand jeu de projections : des attentes, des espoirs, des parts de soi finalement qui restent inconnues, ignorées, refusées…

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Tous les exercices relationnels même les plus simples nous confrontent donc tous à nos difficultés et nos évitements. Même s’il peut les présenter légèrement, l’animateur reste conscient que l’essentiel de ce qui se passe pour les participants risque d’être invisible. C’est pourquoi des mots qui normalisent les malaises et nomment les projections possibles sont souvent bénéfiques.

L’animateur est attentif à la cohésion du groupe, à la circulation dans ce groupe et il n’hésite pas encore une fois à proposer des choses toutes simples et si efficaces : un échange un peu prolongé de regard deux par deux Ou le tricot : en se tenant par la main en ligne, tricoter en passant sous les bras et faire un nœud tous ensemble, puis défaire le nœud sans lâcher les mains !

Rencontrer l’autre peut éveiller ou affiner le goût de l’inconnu, de la découverte du même et du différent. Quel cadeau pour le monde !